• ♦ Mon fils a été tué par les médecins

     

     

     5 mai 1994

    Mon fils a été tué par les médecins !

     

     

    Tu étais le troisième enfant qui prenait vie en mon sein,

    Tout se suite j'ai su que tu étais un tout petit, tout petit garçon,

    Que quelque chose d'anormal se passait, sentiment féminin,

    Mais qui me croyait, personne, je me trompais voyons !

     

    Durant près de trois mois, je ne pouvais penser à toi normalement,

    Un puissant sentiment enraciné au plus profond de mon corps,

    Laissait planer une anomalie ou je ne sais quoi très fortement,

    Je me devais d'exiger un examen pour savoir si j'avais tort !

     

    J'ai du obliger ma doc à me faire passer une amniosynthèse,

    Test difficile, remplie de peur qui assure d'aucune erreur,

    Tout savoir, ton sexe, la couleur de tes yeux, sans parenthèse,

    Mais également si ce que je ressentais, n'étais que de la peur !

     

    C'est comme se jeter du haut d'un pont, drôle de comparaison,

    Mais pas pour moi, je me jetais dans la gueule du loup,

    J'allais savoir si ce que je savais, pensais, était la bonne raison,

    Du mal être que je vivais depuis le début de ce grand Nous !

     

    Ce foutu temps, qui passe trop vite, je le voyais tournoyer,

    Il fallait le devancer, courir après lui, mais comment faire,

    Impossible, cette doc folle qui ne me croyait pas, insensée,

    Elle me disait que tout allait très bien, va telle se taire !

     

    Depuis le début que je lui dis que tu es un garçon mais anormal,

    Pourquoi ne m'a-elle pas écouté ?  Quelle grande sa cruauté,

    Je te savais beau comme un cœur, la peur me rendait animal,

    Je me cachais pour pleurer moi qui t'avais vu et déjà aimer !

     

    L'échographie filmé à seize semaines, tout était normal disait-on,

    J'ai vu tes petits doigts, ton doux visage, avec mes deux plus vieux,

    Ils avaient si hâte de te voir, de te toucher, te prendre à la maison,

    L'espoir m'avait envahit j'ai pensé que je devais faire comme eux !

     

    À vingt quatre semaines, je suis partie pour Montréal, savoir la vérité,

    J'avais mon examen à passer, j'ai donc couché chez mon amie,

    Je me suis levée et je tardais à m'habiller, je voulais tout retardé,

    J'ai passé ce foutu examen, encore deux semaines avant leur avis !

     

    La pièce était trop grande, trop froide, pleine de cauchemars,

    Le doc qui était là, au loin, m'a dit sans ménagement, froidement,

    Que tu étais un tout petit garçon atteint de trisomie 21, trop tard,

    Je le savais lui ai-je dit, fou moi la paix, allons au recommencement !

     

    Un autre m'a dit que tu n'avais que la moitié du cœur, des poumons,

    Que tu n'étais pas viable, que je serais mieux de me faire avorter,

    Mais tu es fou, avorter, j'ai six mois d'amour et non un avorton,

    J'ai couru, je me suis sauvé et j'allais attendre les bonnes donnés !

     

    Vingt six semaines que tu vis, que je te sens vivre,bouger, danser,

    Pourquoi la confirmation ne s'est-elle pas perdue en chemin,

    Mauvais résultat car ce que je sentais s'avère pure vérité,

    Tu es mon fils différent, celui que je veux, donne-moi la main !

     

    Ils me donnent deux semaines pour t'arracher à moi, quelle folie,

    Je m'en vais me reposer, seule avec toi, je dois y penser,

    Durant trois jours, toi et moi avons jasez, pleurez et même ris,

    Ton père ne te veux pas, trisomie 21, il est de leur avis !

     

    Fatiguée, je suis tellement fatiguée, arrêter de me presser bordel,

    Prendre une décision, je ne peux pas, ils veulent te tuer,

    Comment faire de toute cette pression, prendre mes ailes,

    M'envoler, pour ne plus les écouter, j'ai le cœur chaviré !

     

    Avortement thérapeutique disent-ils, je le ai tellement hais,

    À vingt huit semaines de vie, tu es parti, ils t'ont tuer,

    Des cris de sang sorte de ma gorge, je voulais être endormie,

    Trop tard, tu es ange, toi mon fils imparfait, que j'aimais et aimerai !

     

    La vie est faite d'épreuves parfois trop déroutante, trop éprouvante,

    Je ne t'oublierai jamais, mon amour, mon fils imparfait,

    Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai jusqu'à ma fin, tu me hante,

    Je m'en veux, eux je les enverrais au feu, j'ai perdu mon fils imparfait !

     

    ©MarieCarmen

     

     

     

     Cadre Manola

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    5 mai 1994

    Mon fils a été tué par les médecins !

     

     

    J'ai subi, sous la pression des médecins, ce qu'ils appellent, un avortement thérapeutique.  Un jour, je ne sais quand, je serai capable d'écrire tout ce que ça peut comporter comme monstruosité.  Pour le moment je ne suis pas capable de vous l'expliquer.

     

    Merci de m'avoir lu, ne jugez pas surtout sans avoir tout

    entendu...  Par ma plume, je vous ferai un jour, entendre

    leur compte rendu !  Il s’appelait François-Charles et il est

    parti beaucoup trop tôt le 5 mais 1994 !

     

    MarieCarmen 

     

       

     

     Cadre Manola


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